L’histoire commence quand Pascal (i.e. Grincheux) nous parle d’un MS733 qui traine vers Lausanne… c’est mi-2014.

L’avion est dans un hangar, son propriétaire (pas vraiment identifié à ce moment-là) souhaite s’en séparer, et le hangar, où le valeureux Morane séjourne, est menacé de destruction.
Pascal et Philippe sont alors les seuls compères à avoir vu l’avion, dont voici l’unique photo disponible à ce moment-là :

Pascal nous assure que l’avion est en bon état, il est démonté, et n’a pas volé depuis au moins 15 ans. Mais pas de signes de corrosion, l’avion n’a pas été accidenté et il est dans « son jus », avec tous les instruments de l’époque de ses années glorieuses au SEFA
C’est le Morane MS733 n°134 immatriculé HR-RAN (en avion de collection suisse). L’avion était immatriculé F-BNED.

Il y a un stock de pièces détachées et même une paire d’ailes en spare.
L’origine de l’arrêt de vol de l’avion n’est pas connue (peut-être un problème de régulateur hélice).
Rendez-vous pris à la « bièrakadémie » à Cornebarrieu le 1er Octobre 2014, on se retrouve avec Gérard, Pascal, Philippe, Nicolas, Julien et Andreas pour discuter affaires sérieuses.
Après un bon repas et avant de retourner au boulot, on décide de se lancer dans l’aventure, en tout cas, de lancer les premières actions (des petits détails comme être sûr du propriétaire et que l’intéressé vend bien la bête, copies des livrets moteur/cellule, possibilité de trouver un hangar etc).
Dès le lendemain, liste d’actions envoyée par Philippe, ça commence plutôt bien cette histoire.

En quelques jours, nous avons déjà les renseignements nécessaires pour le transport et le dédouanement (en l’occurrence pas de frais de dédouanement), mais la TVA (20% du prix d’achat) à payer pour sortir l’avion de l’état helvétique.

Début décembre, nous avons réuni quelques éléments :

  • Les copies des dernières pages des livrets moteur/cellule/hélice
  • Un hangar, à Saint Loube (près de Samatan), chez le papa d’Anne Oulé (du Gite aéronautique d’En Lébé) trouvé par Gérard
  • Un draft des statuts de la future association

Et le cercle des futurs propriétaires d’un MS733 en Légos, se resserre à 8 personnes :
Gérard, Marc, Pascal, Philippe, Andreas, Norbert, Nicolas et Thomas.

Fin décembre, les 8 survivants sont très motivés, et ont envie de se voir pour conclure, mais il manque encore quelques détails comme une preuve du nom du propriétaire, le prix de la machine. Rien de bien important…
Gérard nous produit une estimation des futures dépenses, liées à la restauration et aux coûts fixes. L’affaire se confirme intéressante !
Début janvier 2015, Gérard a des nouvelles d’Edouard Schubert, alors président de l’AMPA (Association pour le Maintien du Patrimoine Aéronautique) et notre interlocuteur privilégié pour la transaction du Morane.
Nicolas confirme que le MS733 peut être considéré comme un bien d’occasion, voir un objet de collection, mais étant donné que nous sommes des particuliers ou une association sans agrément du ministère de la culture ou de l’administration des Douanes et Droits indirects, nous aurons à régler les 20% de TVA. Et bien tant pis, payons la TVA !

Les choses s’accélèrent quand Gérard apprend que l’avion doit être évacué du hangar suisse… fin  janvier… alors que nous sommes le 8.
Le 13 janvier, un nouveau déjeuner à la « Bièrakadémie » permet de procéder à l’Assemblée Générale constitutive. L’Association, appelée VAMP (Vintage Aircraft Midi-Pyrénées), aura Pascal comme président, Philippe comme vice-président, Nicolas comme trésorier et Thomas comme secrétaire.
Le CR d’AG constitutive est rédigé, les statuts et règlement intérieur sont approuvés, nous pouvons procéder à la création de l’association.

Pendant ce temps, l’urgence est un peu décalée, plus besoin de déloger l’avion fin janvier (ça aurait de toute façon été difficile…). Gérard et Philippe ont collecté toute la panoplie de la documentation de maintenance (du Potez 6D, de l’hélice Hartzell, de la cellule, etc).
La demande de création de l’association est lancée, et nous avons à priori jusqu’à fin mars pour finaliser la paperasse et préparer l’évacuation de Suisse.

Le 23 janvier, nous recevons la facture pro-forma d’Edouard Schubert (l’avion appartient en fait à Alain Mariller, mais nous n’avons toujours pas de preuve écrite de son appartenance à M. Mariller… soyons patients…).
Pascal s’est renseigné sur la future immatriculation : L’avion est actuellement immatriculé HBRAN (immatriculation avion de collection suisse). Nous pourrons donc l’immatriculer en avion de collection français (ça semble être la solution la plus simple), donc en F-AY (les Zoulous ayant été épuisés).
Nicolas a fait faire un devis pour le transport chez Transports Courcelle (i.e. 1950€ HT pour l’A/R). La société de transport nous représentera devant les administrations et douanes.

Le 2 mars, l’association est publiée au JO, nous existons ! Et Nicolas peut procéder à l’ouverture du compte bancaire.

Le 9 mars, nous recevons l’attestation de radiation de la FOCA (Federal Office of Civil Aviation suisse) qui confirme que la MS733 immatriculé HB-RAN et appartenant à M. Alain Mariller est bien radié du registre matricule suisse des aéronefs et « qu’aucun droit de gage constitué sur cet aéronef n’est inscrit dans le registre des aéronefs ». Voilà une bien bonne nouvelle, il ne reste plus qu’à prendre rendez-vous avec le transporteur.

Le camion arrive le 1er avril à Lausanne (et ce n’était pas un poisson) et l’avion est chargé sur la remorque grâce à Pascal. Plusieurs caisses de pièces détachées font aussi parties du voyage.
Malgré un tire-fort récalcitrant, l’avion est hissé sur le plateau grâce aux rampes.
Le déchargement est prévu le vendredi 3 avril matin à Saint Loube, le camion y arrivera le jeudi soir.
On peut enfin voir la machine, en meilleure état que ce que j’imaginais !

Le déchargement se déroule sans problème, le plus dur sera de sortir le semi-remorque du terrain meuble de la ferme de Saint Loube… nous nous excusons encore auprès du papa d’Anne Oulé…

Cette journée du vendredi 3 avril est donc consacrée au rangement de l’avion, des ailes, empennages, Karmans et des caisses de pièces détachées dans le hangar.

Nous convenons de nous retrouver le 18 avril, pour discuter du programme de restauration, commencer à trier les pièces détachées et les référencer.
Au niveau mécanique, les rôles sont répartis :

  • Moteur : Gérard, Andreas, Nico
  • Cellule & peinture : Pascal
  • Electricité & avionique : Philippe & Marc

Il est décidé de tenter de démarrer le moteur. Yves Couturier s’est joint à nous. Ses précieux conseils de mécaniciens moteur nous seront très utiles. Gérard a récupéré un peu d’essence à Sabonnères, Andreas est venu avec une batterie. L’avion est sorti du hangar, Gérard s’installe, et ça démarre à la 2ème tentative !

La pression d’huile ne monte pas, et le moteur est arrêté
après une dizaine de secondes de fonctionnement (nous n’avons pas fait de vidange, l’avion contient l’huile de stockage). Un 3ème démarrage est effectué avec les mêmes conclusions.